Tu as de la chance…

“La chance s’attrape par les cheveux, mais elle est chauve.”
Stendhal / Fragments

Tu as de la chance de quitter ton travail.
Tu as de la chance d’avoir des enfants.
Tu as de la chance de partir au bout du monde.
Tu as de la chance d’être célibataire.
Tu as de la chance de ne pas prendre de poids.
Tu as de la chance d’avoir eu une place en crèche.
Tu as de la chance d’avoir un jardin.
Tu as de la chance de pouvoir garder ton enfant à la maison.
Tu as de la chance d’être en couple.
Tu as de la chance d’avoir un travail.
Tu as de la chance de vivre au coeur de la ville.
Tu as de la chance d’avoir des enfants calmes.
Tu as de la chance de pouvoir faire du sport.
Tu as de la chance de gagner beaucoup d’argent.
Tu as de la chance de ne pas avoir d’enfant.
Tu as de la chance de rentrer tôt.
Tu as de la chance d’avoir un parc à côté de chez toi.
Tu as de la chance de ne pas avoir de responsabilités.
Tu as de la chance de vivre près de tes parents.
Tu as de la chance de vivre près de la mer.
Tu as de la chance de faire un travail intéressant.
Tu as de la chance d’avoir un poste de manager.
Tu as de la chance de ne pas travailler.
Tu as de la chance de partir en vacances.
Tu as de la chance d’avoir du temps libre.
Tu as de la chance de divorcer.
Tu as de la chance d’être aimé.
Tu as de la chance de faire ce qui te plait.
Tu as de la chance d’aimer.

 

A nous entendre, la vie est vraiment une question de chance, qu’il faut être béni des dieux. L’investissement personnel, l’acharnement, la motivation, la créativité, le désir, autrefois encensés et encouragés ne sont plus source de contentement ou d’accomplissement.

L’assistanat est de mise, l’esprit d’initiative rangé au placard, nous sommes tellement privilégiés qu’il n’est plus question de se remettre en question. Mais que faire alors si nous ne sommes pas né sous la bonne étoile… finalement, c’est clair : L’herbe est toujours plus verte ailleurs.

 

Soyons honnêtes, la vie n’est-elle pas qu’une série de choix ?

Remarque : Je ne rentrerais pas dans un débat théologique autour du karma, du destin ou de notre mission sur terre, bien que ce soient des sujets de discussion très intéressants

Je vous entends déjà dire que parfois nous n’avons pas le choix, surtout quand on a des responsabilités. Ce qui bien que fondamentalement vrai, semble très réducteur, voire la porte ouverte pour générer excuse sur excuse. Par ailleurs, le contexte familial, social et/ou professionnel peuvent avoir des impacts très importants sur notre champ des possibles. Le seul problème étant que nous avons fortement tendance à réduire nos choix à trois possibilités. Il n’y a plus de place pour les nuances, pour l’innovation, c’est blanc, noir ou gris… et encore pour la plupart d’entre nous, le choix est encore plus binaire.

Nous nous refusons à chercher des solutions, à être force de proposition, au contraire, nous critiquons constamment, avons toutes les meilleures raisons du monde pour Ne pas Faire. On devrait même appeler cela une maladie.

 

De quelles solutions disposons-nous ? me diriez-vous.

Tout dépend bien sûr de la problématique et des efforts qui peuvent être consentis par les parties prenantes. Une envie de quitter un environnement défavorable à l’éducation et l’épanouissement des enfants peut se traduire par une année sabbatique dans un pays étranger, un déménagement vers la province. Une reconversion pour palier à un sentiment de mal-être au travail, ou la mise en place d’un emploi du temps allégé à 4 ou 3 jours par semaine. Un changement d’alimentation, un suivi sportif ou un coach pour accepter son corps…

 

N’ayons plus peur de générer du changement, de sortir de notre zone de confort, de s’affranchir de nos peurs et du regard des autres. Prenons des décisions en allant à contre courant de ce que la société attend de nous. Il faut constituer sa chance, se créer des opportunités, et les saisir.

Car une chose est sûre, personne ne le fera pour toi.

 

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