Ton prisme

“Devoirs : les autres en ont envers vous, mais on en n’a pas envers les autres.”

De Gustave Flaubert / Dictionnaire des idées reçues

Combien sommes-nous, de ces donneurs de leçons que l’on affectionne tant? Ceux là oui, qui adorent dire aux autres ce qu’ils doivent faire, mais qui détestent se voir prodigués conseils.

Que de prétention. Sans gêne, nous déclarons comme nous avons une expérience solide de la vie. Nous savons plus et mieux. Et ce, dès notre plus âge… l’usage balbutié de la parole à 3 ans, et nous voilà détenteur de la pensée unique et de sa vérité.

Le monde est injuste, c’est le constat de l’adolescence… nous n’avons besoin de personne, nous sommes incompris.

Les années passent, et le phénomène ne va qu’en empirant. Désormais on aime critiquer ces jeunes incrédules qui croient pouvoir refaire le monde, tandis que nous nous complaisons dans ce monde, toujours aussi injuste.

Nous savons mieux que quiconque…

C’est ce prisme à travers lequel nous observons le monde. Nous nous pensons meilleurs. Plus intelligents. Plus sages. On en vient même à rechercher le monopole de la tristesse et de l’incompréhension.

Comment faire pour sortir de ce marasme? Changer de prisme? Mais ce prisme nous appartient, il fait parti de nous. S’en défaire, signifie perdre une partie de soi…

Pourquoi pas le tourner? Eureka! Plein de facettes, il réflète notre propre image et celles des autres. En regardant à travers ce prisme, c’est nous aussi, que nous voyons. Lorsque nous critiquons l’autre, c’est nous-mêmes qui en sommes la cible.

Jalousie, rancoeur, colère, déception… Cessons d’être notre propre ennemi et changeons, avant de penser à changer le monde.

« Le mieux est le mortel ennemi du bien. »
C’est du moins, ce que Montesquieu a dit…


Nous sommes un, parmi tant et la multitude
Si unique, par-delà nos similitudes.

De manques et faiblesses, tous nous sommes porteurs
Et d’oeillères qui nous laissent dans l’ombre, hagard.
Plus large, nous devons porter notre regard
Pour affronter l’autre, et surpasser nos peurs.

Terrible décision, de briser ce miroir
Un geste pour l’autre, et soi, ou simple devoir.

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