Solution ou Problème ?

Au cours de mon expérience professionnelle, j’ai constaté que nous avions une forte tendance à se concentrer sur les problèmes. Il faut dire que c’est probablement un comportement normal dans notre société, puisque nos politiciens s’en donnent à coeur joie.

Le problème (justement) de ce type de comportement, est qu’il manque souvent de constructivité. C’est simple, collaborateurs comme hommes politiques, se contentent de se jeter la patate chaude, tout en blâmant l’autre.

S’ensuient des discussions interminables sur le pourquoi du comment. L’idée étant, semblerait-il, de couvrir ses arrières en premier lieu. Il est facile d’imaginer comme ces échanges peuvent être interminables. Et tandis que chacun accuse l’autre, le problème n’est pas solutionné…

Alors on peut toujours arguer qu’il est plus prudent d’identifier la source pour s’assurer que ça ne puisse se reproduire. Le soucis est qu’il est souvent plutôt question de s’assurer qu’on est à l’abri d’une éventuelle sanction.

On peut y voir ici l’illustration d’une conduite purement égoïste. Certain managers justifieraient ce genre d’agissements dans l’optique de protéger leur équipe. L’ennui est qu’ils sont peu à penser ainsi, et que dans la grande majorité des cas, il s’agit d’eux, et eux seuls.

Si vous vous demandiez pourquoi certains projets n’avancent qu’à pas d’escargot, en voici un élément de réponse. Car il s’agit avant tout de mettre à l’abri un budget et une carrière.

Nous sommes loin de l’esprit d’équipe, d’entreprise ou patriotique qui est pourtant véhiculé partout.

De l’autre côté du spectre, fait relativement rare dans notre société, nous avons ceux qui se concentrent sur les solutions. C’est une approche aux allures plus court-termistes, puisqu’il est question d’agir vite (et bien).

Toujours en référence à la gestion de projet, sa figure de proue est la méthodologie Agile, qui par définition, prône flexibilité et rapidité d’action. L’idée étant de générer des itérations courtes pour identifier rapidement les difficultés.

Ainsi, il s’agit ici de proposer des solutions rapidement, puisque le temps est restreint. Impossible de tergiverser pendant des semaines, des jours ou même tout juste, quelques heures en trop, avant de corriger le tir.

Si je peux me permettre un parallèle avec le développement personnel et la psychologie en général, il s’agit ici de l’approche comportementaliste. Une branche de la psychologie établie officiellement dans les années 30 d’après les travaux de F.Skinner dont il s’est lui-même inspiré de Pavlov et J.Watson (pas le Watson de Holmes) avant lui.

Le Comportementalisme s’appuie sur le comportement observable de l’individu, ainsi que de son environnement. J.Watson avait pour but de rendre l’étude psychologique des patients la plus objective possible. D’où l’importance des sciences au sein de cette branche et l’utilisation d’expérimentations pour établir analyse et empirisme.

Il est aujourd’hui principalement utilisé dans l’étude des Troubles du Spectre Autistique (voir l’article sur les neurotypiques et les TSA).

Il a également été, pour ma part, le fer de lance du Développement Personnel.

En effet, en se basant sur l’étude du comportement et de son environnement, beaucoup se sont ainsi penché sur la question de “comment aider les gens rapidement?”. Sans les contraintes de devoir, ni faire de longues années d’étude, ni une psychanalyse, le tout venant s’est approprié le comportementalisme. Bien plus accessible et surtout plus concret pour les patients.

Tandis que la Psychanalyse offre de comprendre en profondeur les causes d’un comportement, le Développement personnel propose de modifier ce dernier pour qu’il nous soit acceptable. Ce sont des écoles aux antipodes, et pourtant il n’y a pas lieu de décider si l’une est meilleure que l’autre. Plutôt que de choisir un camp, il est important de suivre ce qui nous convient le mieux. Il peut parfois s’agir d’une thérapie, et d’autre fois, il vaut se lancer rapidement…

Entre les deux, se trouve un courant souvent omis, dont la bannière est portée par la Gestalt (voir l’article Le passé, c’est surfait). Il est ici question de s’accepter avec ses qualités et ses défauts. C’est un travail de thérapie à moyen terme dont l’objectif est d’offrir des outils au patient pour vivre dans le présent. Sans fouiller le passé, ni se projeter dans le futur. A l’instar de ce qui est préconisé dans les techniques de Méditation de Pleine Conscience.

Pour revenir à un peu de concret, le mieux est d’imaginer une scène de notre quotidien. Que pensez-vous d’une dispute avec votre conjoint(e)?

Car rare sont ceux qui suffisamment équilibrés et “sains”, sont capables d’échanger avec sincérité et constructivité lors de ces moments forts en émotion. Pour la plupart d’entre nous, ce genre d’évènements se résument à un concours de “dossiers”. Incapables d’avoir pu solutionner des problèmes existants puisque jamais discutés, ces derniers s’empilent les uns sur les autres jusqu’à ce que la pile s’écroule.

Maintenant que tous les dossiers sont étalés sur le sol, il est forcément plus simple de s’appuyer sur les problèmes, que de proposer des solutions.

S’il y a un conseil à donner ici, cessons d’attacher des casseroles à nos pieds, le bruit qu’elles font nous rappellera toujours à la réalité un jour ou l’autre.

Et quel défi plus grand que d’accepter la réalité ?

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