C’est quoi ta moyenne ?

MoyenneFeu, Jim Rohn, entrepreneur américain et conférencier en motivation a écrit, ou dit… voire décrété un jour que Nous sommes la moyenne des 5 personnes que l’on fréquente le plus.

Il a par ailleurs, été paraphrasé par de “grands noms” tels que Tim Ferriss ou Peter Sage. Auteurs et entrepreneurs, ils sont reconnus dans le monde entier pour leur apport au développement personnel. Vous connaissez sûrement « La semaine de 4 heures » (vous pourrez trouver un résumé du livre sur le site www.motive-toi.com).

Alors forcément, pour un adepte du développement personnel, ils sont comme des apôtres… ou pas.

Si vous pensiez avoir tout de suite saisi le sens de cette théorie, et bien, vous ne vous trompiez sûrement pas. Effectivement, The Average of 5, de son nom anglais, est relativement explicite. On ne peut le dire plus simplement, car cela part bien du postulat que nous sommes, en tant qu’individu social, la moyenne des 5 personnes que nous fréquentons le plus.

Pour l’illustrer encore plus clairement, donnons des notes de 0 à 20, à notre entourage pour chacune de leur caractéristiques: charisme, humour, sociabilité ou même réussite financière par exemple. Ensuite, il ne nous reste plus qu’à faire la moyenne de ces notes pour le charisme, puis l’humour etc. Il est ainsi possible de déterminer où nous nous situons sur cette échelle. Très simple et accessible, cette théorie a sans aucun doute, le mérite de proposer une approche originale des relations sociales.

Son énorme problème, et il n’en est pas des moindres, est qu’elle est très réductrice. Qui nous-sommes, pour noter les gens. Et peut-on réellement diminuer les individus à de simples notes… ah oui, on l’a subit durant toute notre scolarité, mais c’était pour notre bien… ou pas.

En son coeur, cette théorie semble cependant soumettre une idée qui semble pertinente. En effet, il est fort probable que nous ressemblions à nos amis les plus proches, ou alors il y a erreur de casting. Il est aussi possible que nous nous trompions sur nos amis, ou eux sur nous. Mais globalement, pour fréquenter d’autres personnes, il y a fort à parier qu’ils ont des similitudes avec nous.

Il n’est pas nécessairement question que d’amis par ailleurs. Puisqu’il arrive souvent qu’avec les années, le travail et la famille, nous ne puissions tous les croiser que peu de fois dans un même mois, voire trimestre. Ainsi, parmi ces 5 individus, on peut assurément y inclure nos collègues, peut-être même nos voisins, mais bien entendu, également notre famille.

Mais revenons à cette entité sociale que représente nos amis, en particulier, les plus proches d’entre eux. Personnellement, lorsque j’y songe, j’ai bien l’impression de leur ressembler. Évidemment, pas sur tous les points, mais je pense que nous partageons tous une même envie profonde de changement (voir l’article sur Le changement). Nous avons un humour relativement similaire, et des loisirs en commun. Nous parvenons d’ailleurs, assez régulièrement à nous voir, ou à échanger grâce à la magie d’Internet.

J’éprouve même un sentiment de fierté lorsque je réalise que oui, on se ressemble d’une manière ou d’une autre, car ce sont des êtres chers, et que je respecte profondément.

C’est dire alors, si je suis un grand partisan de cette théorie… ou pas.

Ces grands gourous du développement personnel aux États-Unis, ont réussi d’une manière ou d’une autre à véhiculer parmi la population cette notion. Ou alors, ils n’ont tout simplement fait que retranscrire ce qu’ils avaient observé. J’ai eu ouï-dire que le statut social revêt une grande importance outre Atlantique. Que c’en est même pénalisant pour construire une relation honnête et sincère.

En clair, la population américaine, suit à la lettre les dogmes de Jim Rohn. Ce faisant, pour devenir de riches entrepreneurs, les New-Yorkais* par exemple, n’hésitent pas à s’entourer de richissimes personnes. Il est vrai qu’obtenir les conseils d’entrepreneurs qui ont connu la réussite, semble bien plus adéquat que d’en demander à son voisin statisticien. De même, ils ne vont hésiter à côtoyer des sportifs qui s’adonnent régulièrement à la course à pied, pour créer l’émulation nécessaire pour participer au marathon.

C’est pour ainsi dire, une démarche qui semble plutôt logique. Un environnement négatif est rarement d’une grande aide quand il s’agit d’entreprendre et d’y chercher de la motivation. Au contraire, un contexte favorable, a de meilleures chances d’engendrer des résultats plutôt positifs.

Cependant, d’une pratique sociale qui paraît logique et saine, va émerger de terribles problèmes. Inévitablement, on ne peut pas fréquenter un grand nombre de personnes. Que ce soit au niveau du temps, ou même physiquement, à moins d’avoir le don d’ubiquité… Mais alors, pourquoi s’encombrer d’un ami fainéant, d’un autre à la carrière au point mort, ou d’un collègue incapable d’animer une présentation. Il devient alors évident pour arriver à ses fins, de faire un tri. Pour qu’ainsi, ces 5 fréquentations soient sans aucune équivoque, des modèles à suivre, ou des gens à même de vous fournir conseils et motivation.

Avec cette théorie, on se retrouve alors à sélectionner ceux qui nous seront utiles pour délaisser les autres. Cela devient évidemment très vite contraignant quand les personnes que nous fréquentons le plus sont, notre femme, notre famille, et quelques collègues. Devons-nous nous en débarrasser pour arriver à nos fins? Et à quel prix?

Certain d’entre-nous arguerons que nous faisons naturellement ce tri depuis notre adolescence, et que nous continuons à le faire, ne serait-ce que dû à nos centres d’intérêts (voir l’article sur Je n’ai rien à prouver). Mais Jim Rohn ne prend pas en compte tout l’aspect empathique des relations sociales.

Et bien que ce qu’il avance, paraît prendre ses racines dans une analyse pertinente de notre société, nous sommes bien plus que des notes, des critères ou des caractéristiques. Nous avons nos forces et nos faiblesses. Nous constituons un tout, un tout qui représente bien plus que la somme de toutes nos parties. C’est ce qui fait notre richesse, cette différence qui nous pousse à nous améliorer. Ces nuances qui nous permettent d’être bons et généreux. Ces contradictions qui font de nous, des être humains.

 

“Le respect est le lien de l’amitié.”

Proverbe Oriental

 

*Bien qu’ayant pris l’exemple des New-Yorkais, je reste conscient que ce phénomène intervient dans toutes les grandes métropoles du monde.

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