L’échelle du stress… et du changement

Le changement est un vilain mot dans notre société sédentaire. Il est porteur d’inquiétude, d’incertitude et de peur. Et cela a été si bien dit par Robin Skynner, dans “Comment être un névrosé heureux”: nous avons tendance à complimenter les autres de ne pas avoir changé d’un iota. C’est simple, il suffit de s’interroger soi-même pour réaliser à quel point nous appréhendons le changement. Bien sûr, nous avons tous une aversion au changement qui est strictement personnelle (voir l’article sur le changement).

Mais une constante qui revient systématiquement lorsqu’il est question de changement, est l’intensité du stress qui y est directement liée. Encore qu’il est souvent très difficile de prendre conscience de ce qui peut s’avérer stressant. Et encore moins, de le mesurer avec objectivité.

Pour vous assister, vous trouverez ci-dessous une liste qu’on peut trouver dans la plupart des ouvrages sur le développement personnel. On l’appelle plus communément, l’échelle de Holmes et Rahe. Ces deux docteurs réalisèrent dans les années 70, une étude médicale sur 7500 patients. Ils ont ainsi tenter de déterminer l’impact du stress, sur leur état de santé.

Comme beaucoup d’études médicales, il n’existe aucune certitudes sur les conclusions de ces expériences, puisque basées sur des statistiques et probabilités. Cependant, et à l’instar du placebo, les résultats permettent d’avancer des hypothèses, quant à l’influence directe de nos pensées sur notre corps. Il est par ailleurs difficile de nier l’impact du stress sur la santé.

En somme, nous voilà au coeur du royaume, des troubles psychosomatiques (article à venir).


 

L’échelle de Holmes et Rahe

Holmes et Rahe ont ainsi mis en place cette échelle de mesure du stress, sur la base “d’unités de changements”. Chaque évènement ou bouleversement, est évalué sur cette échelle, avec l’attribution d’un certain nombre de points.

L’idée étant d’inventorier la liste des évènements sur une année, qu’un individu a rencontré. La somme des “unités de changements”, représente globalement l’impact potentiel du stress sur la santé.

ÉvènementNiveau
Décès du conjoint/enfant100
Divorce73
Séparation avec le conjoint65
Décès d’un membre de la famille63
Peine de prison63
Blessure ou maladie grave53
Mariage50
Consommation de drogue49
Licenciement ou interruption de contrat47
Changement dans la consommation d’alcool47
Passage à la retraite45
Réconciliation avec un proche45
Changement dans l’état de santé d’un membre de la famille44
Expatriation ou rapatriement42
Travailler tout en étudiant42
Changement d’orientation scolaire40
Grossesse40
Avoir un nouveau membre dans la famille39
Changement dans les responsabilités et/ou l’autonomie au travail39
Changement dans les relations sentimentales39
Difficultés d’ordre sexuel39
Changement de la situation financière38
Décès d’un ami intime37
Changement de type d’activité dans le travail36
Changement du nombre de disputes dans le couple35
Prise d’hypothèque importante31
Difficultés pour rembourser un emprunt30
Problèmes avec la “belle-famille”29
Départ d’un enfant du foyer29
Réussite personnelle élogieuse28
Début ou fin d’activité professionnelle du conjoint26
Début ou fin des études26
Changement dans les conditions de vie25
Modification des habitudes personnelles24
Difficultés avec le patron/manager23
Changement de résidence20
Changement dans les conditions ou heures de travail20
Changement d’institution scolaire20
Changement dans les activités de loisirs19
Changement dans les pratiques religieuses19
Changement dans les activités sociales18
Changement dans l’endettement17
Changement dans les habitudes de sommeil16
Changement dans les habitudes alimentaires15
Changement dans les réunions familiales15
Vacances13
Fête de Noël et/ou du Nouvel An12
Infractions mineures à la loi11


Total de plus de 300
: Risque de maladie plus élevé
Total entre 150-299: Risque de maladie modéré
Total inférieur à 150: Risque de maladie très léger

Globalement, si le score atteint un niveau relativement élevé, il faut éviter tout bouleversement significatif additionnel. Alors bien sûr, on ne peut pas tout prévoir, mais il subsiste quelques décisions qui peuvent néanmoins avoir un effet direct sur notre niveau de stress.

On peut éventuellement s’assurer de ne pas déménager juste après une promotion, ou de se noyer dans l’alcool à la suite d’une rupture…

Quoiqu’il en soit, l’idée est de minimiser l’accumulation d’événements stressants. Il est de même recommandé de se tourner vers des pratiques de relaxation, de gestion de crise, ou autre méthodes de méditation (voir, l’article sur La Pleine Conscience) afin d’amoindrir les conséquences de ces changements.


Remarques:

  1. Chacun des évènements listés ci-dessus, a un impact différent en fonction de l’individu. En effet, les différences culturelles entre autre, n’ont pas du tout les mêmes conséquences sur la façon dont un occidental ou un oriental perçoit les choses. De même, au sein d’une même ethnie et d’un groupe social, chaque individu a des tendances, et par conséquent un degré de stress plus ou moins important, par rapport à sa propre expérience de vie. Par ailleurs, il existe une autre échelle pour les non-adultes.
  2. Il est clair que cette étude n’a pas pour vocation d’expliquer notre comportement, ou notre état de santé. Loin de là l’idée de remplacer un médecin ou un psychologue. Il faut s’en saisir, et l’appréhender comme un outil, proposant des pistes de réflexion.
  3. Une autre méthode, est d’embrasser le changement, d’arrêter de le fuir. Créer des résistances a forcément pour conséquence de créer des tensions, et qui dit tensions, dit stress.

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