Le jeu et Ta vie (2)

Jeu et tour

« Le jeu est le travail de l’enfant ».

René Château

Dans les jeux, il peut être question de réflexion, de stratégie, de risque et de négociation. Ou encore, de chance, de tactique, d’improvisation, de spéculation ou de discrétion… un peu comme dans la vie.

Oui, je me suis cité moi-même… depuis la première partie de l’article Le jeu et La vie (que je vous suggère de lire avant).

Après cette longue introduction à propos du jeu et son histoire (résumé de résumé d’histoire, à vrai dire), venons-en au parallèle entre Le jeu et Ta vie.

J’avais fait une brève incursion sur le sujet en prenant l’exemple des personnes se refusant à jouer, et ceux vivant à travers le jeu. En somme, je situais ces deux extrêmes dans une forme de fuite d’une réalité dérangeante.

Ainsi, il n’est pas rare d’entendre des gens dire qu’ils s’ennuieraient, s’ils n’avaient pas d’emploi. En partant du principe que ce statut ne les met pas dans une situation de précarité, je ne peux que regretter d’entendre pareilles paroles.

Evidemment, lorsque l’on a des enfants, on a toujours le sentiment qu’il n’y a pas suffisamment d’heures dans une journée, et de journées dans un week-end. C’est d’ailleurs, il me semble, rarement ceux qui émettent ce genre de discours.

Qu’en est-il des autres, ceux qui ne se plaignent pas de leur vie de couple, ou de famille (car il faut le dire, on peut s’en plaindre… mais là, n’est pas le sujet du jour). Et bien, le travail occupe souvent une part très (trop) importante (voir l’article Réussir dans la vie…). Tellement considérable que ça en devient une définition de leur personne. Par simple corollaire, se retrouver sans emploi, signifie alors pour eux, n’être personne… un statut de moins que rien, de parasite, un handicapé social, un comble pour le neurotypique (voir l’article sur Les neurotypiques).

Parmi ces gens, incapables de se voir sans emploi existent les entrepreneurs, ceux qui ne peuvent s’arrêter. Insatiables hommes d’affaires, toujours à la recherche de plus… La vie est déjà un jeu pour eux, pas de temps à perdre. En effet, au coeur de leur vie et de leurs préoccupations, on y trouve stratagèmes, prise de risque, négociation, compétition… peut-être, sont-ce les raisons qui font qu’un jeu de société paraît puérile et insipide à côté de ce qu’ils vivent au quotidien. Un peu comme jouer au poker sans miser d’argent.

Au final, je met à bas ma propre hypothèse de départ. Ce qui me permet de conclure prématurément, que tout individu aime jouer. A chacun a sa façon de s’amuser. (nul besoin de revenir sur ceux qui ne vivent que par le jeu, puisqu’ils sont censés aimer jouer…)

Si on revient à la citation de Platon (qui je le rappelle, ne lui a jamais été attribué formellement), on peut donc en savoir beaucoup en une heure de jeu, sur un individu.

En effet, on peut prévoir plusieurs coups en avance. Y aller à l’instinct. Prendre un temps de réflexion considérable. Être prudent. Se donner à fond. Être compétitif. Bluffer. Le prendre à la légère. Être concentré…

Ainsi, la façon dont va jouer une personne est souvent représentative d’un trait fort, inhérent à la personnalité de l’individu. Un chef d’entreprise aurait probablement un esprit de compétition fort, s’il se décide à consacrer son temps à un jeu. Par ailleurs, maximiser ses ressources devrait s’avérer naturel, ou même négocier… Un timide aurait les mêmes difficultés que dans le quotidien. Il jouerait avec réserve et manque de confiance…

Cela peut aussi être le moyen de prendre le pendant sur soi. Un modèle de droiture et d’honnêteté pourrait aimer s’adonner à la malice et au bluff. Ou celui qui n’ose habituellement prendre la parole, aurait l’occasion de s’exprimer.

De ce fait, il semblerait que le jeu représente un médium. Pour certains, il ne fait qu’être le reflet de la réalité, sous une forme vulgarisée et encore plus cadrée. Pour d’autres, il devient le théâtre de leurs fantaisies, un lieu d’expression.

Il devient alors intéressant de prendre le temps (une heure?) pour observer comment un ami ou une connaissance privilégiera, tout d’abord un type de jeu, puis comment il y joue.

Quelque soit le support ludique, il existe de grandes familles de jeu, dont la classification se fait, par ailleurs de façon purement arbitraire. Pour reprendre les jeux de société, on peut citer ceux pour la Famille ou les Enfants, les jeux d’Ambiance (pour les groupes) ou encore les jeux pour Gamers chevronnés ou occasionnels… (il en existe d’autres, voire un très grand nombre, tout dépend de l’interlocuteur à vrai dire).

Aucun groupe n’étant exclusif, un type de jeu en particulier ne permettra pas de définir le joueur. Cependant, il y a de grandes chances que se tourner vers des jeux pour Enfants, ou pour la Famille (une fois que les enfants sont en âge de lire), donne un indice quant à la personne comme étant un probablement un parent. Plus encore, un parent qui souhaite partager une activité avec ses enfants. Il va s’en dire qu’un parent qui “n’aime pas” jouer, ne prendra pas ce temps.

Dans la même veine, on peut supposer qu’une personne qui se procure des jeux d’Ambiance, dispose d’un cercle social régulier. Un ou plusieurs groupes avec lesquels, elle peut partager des repas, soirées et autres activités. Le jeu devient pour elle, un moment d’échange, une activité ludique entre amis et connaissances. Parfois un moyen de briser la glace, ou juste de rire en groupe.

Pour ce qui est du “dernier” groupe que je désigne comme Gamers, il y a souvent 3 paramètres à noter. Le plaisir de jouer tout d’abord, et de partager des moments avec les autres. La compétitivité de l’individu également, puisque ce genre de jeu n’offre généralement qu’un gagnant, sur des parties souvent supérieures à une heure (et donc demandeur en temps). Et enfin, le côté analytique, puisque pour gagner, très souvent, il faudra analyser le cours du jeu et établir une stratégie (j’en parle plus loin, dans la partie 3).

Ainsi, le type de jeu donnera souvent quelques indices sur la vie du joueur. De manière, sans aucun doute, très globale et réductrice. Car, nous n’abordons pas le sujet de la fréquence de ces activités. Le temps qui leur est consacré ou leur diversité. Sans parler des contraintes métier de l’individu…

Rappel: ce ne sont que pures spéculations, basées sur une réflexion sans base scientifique vérifiable

Mais le plus intéressant reste encore d’observer la façon dont va jouer chaque individu. Cependant, je fais un peu de suspens, mais je continuerais dans le prochain article…

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