Je n’ai rien à prouver.

A votre avis, combien de personnes, amis, collègues, famille, autour de vous ont un problème d’estime de soi? Allez-y, essayez de les énumérer, et si vous avez quelques difficultés à les repérer, voici quelques indices pour vous aider.

Si celui (ou celle) à qui vous pensez…

  • Se compare régulièrement
  • N’ose pas s’exprimer en groupe
  • Est craintif
  • A besoin d’être au centre de l’attention
  • Est effrayé par le changement
  • Se sent jugé systématiquement
  • Est sur la défensive
  • A peur de prendre des décisions
  • Rit aux éclats de ses propres blagues
  • Empêche les autres de s’exprimer
  • Ne supporte pas la critique
  • Est complexé
  • A besoin du regard des autres
  • Est arrogant et condescendant
  • Cherche l’approbation des autres
  • Est persuadé d’avoir toujours raison
  • Est jaloux ou possessif
  • Est dans le conflit
  • S’adore sur les réseaux sociaux
    … il y en a encore un paquet, mais vous comprenez l’idée je pense

La liste comporte probablement des étrangetés pour certain d’entre vous. En effet, on assimile souvent les problèmes d’estime de soi, a de la timidité, alors qu’une personne capable d’attirer l’attention, d’être extraverti, va souvent être perçu comme quelqu’un rempli d’assurance. Et bien détrompez-vous, ils peuvent être tout aussi peu sûrs d’eux que les timides. De même qu’une personne timide n’est pas systématiquement en manque de confiance… il n’y a pas de science exacte dans l’étude des comportements.

Mais il y a une chose qui semble commune à tout un chacun. Le besoin de prouver des choses, aux autres comme à soi (même inconsciemment). C’est ainsi depuis notre plus tendre enfance, ça l’a été pendant notre adolescence et c’est toujours le cas aujourd’hui en tant qu’adulte.

Comment ne pas se comparer à nos parents? Des modèles pendant toute notre enfance. Et quand on sait, que l’on apprend principalement par mimétisme, comment ne pas en faire un idéal à atteindre. C’est par ailleurs souvent encore plus accentué parce que l’on veut que nos parents soient fiers de nous. Alors quoi de mieux que de faire comme papa et maman?

N’avons-nous pas “tous” entendu au cours de notre enfance : “Ça me ferait tellement plaisir si tu…” ; “Papa et maman sont fiers de toi parce que…” ; “Si tu ranges ta chambre, tu auras…”. A la fois si commune et destructrice, nous sommes en face d’une des caractéristiques de l’amour conditionnel (parce qu’il y a une condition pour gagner cet amour). Et malheureusement, beaucoup de parents utilisent cette méthode, non pas par manque d’amour, mais souvent par manque d’expérience et aussi parce qu’ils mimétisent les méthodes de leurs parents qui les ont eux-mêmes “conditionnés”.
Pire finalement est que ces modèles le soient encore à l’âge adulte, en particulier quand on a développé un syndrome d’infériorité ou un Œdipe très corsé, comme le disait si bien notre psychanalyste préféré.

Ainsi, comment ne pas se faire écraser par la réussite d’un parent à la carrière resplendissante, qui parti de rien, est arrivé au sommet. Ou être effrayé d’avoir une situation à peine meilleure que la vie ordinaire qu’ont eu nos parents. Nous avons appris qu’il fallait mériter l’amour des personnes les plus proches de nous, alors comme ne pas être méfiant et jugé face à l’inconnu, l’étranger. Et finalement, nous sommes en droit de nous poser la question : Qu’est-ce que nos parents ont choisi pour nous?

Qu’en est-il de l’âge ingrat? Lorsqu’il fallait absolument appartenir à un groupe. Un de ceux qui semblent constituer l’ensemble du panel de l’adolescence, un groupe auquel on s’est identifié, auquel on a voulu plaire et s’assimiler. A l’époque, je les cataloguais par style musical. Là encore un beau raccourci sociologique sans aucune preuve scientifique, mais peu importe. Parce que franchement, est-ce qu’aujourd’hui encore, ne sommes-nous pas entrain de critiquer et de faire des raccourcis? Entre le rap et ses voyous, le hard rock et ses anarchistes, le reggae et ses fumeurs de joints ou les asociaux qui rejettent tout catégoriquement… on flirte très rapidement, et fortement avec les préjugés, mais finalement où s’arrête la vérité ? Parce qu’avec le style musical, le style vestimentaire y est souvent associé. Sans parler du comportement et du langage approprié, voire du dialecte.

Et s’il n’y avait eu que ça… avez-vous souvenir de la cruauté dont vous pouviez faire preuve ou en être la victime. Car oui, l’enfance et en particulier l’adolescence sont des périodes difficiles pour la grande majorité d’entre nous. Les moqueries sont légions, les critiques incessantes, le jugement omniprésent. Véritable jungle sociale où l’adaptation est reine. Être plus fort, joindre la meute, se rendre invisible…

Quel groupe aviez-vous choisi pour survivre?

Fort heureusement en grandissant, cette violence psychologique se fait de moins en moins présente. Avec l’âge vient la maturité, avec la maturité vient le recul, et avec le recul on parvient enfin à se débarrasser de nos peurs. On peut écouter la musique que l’on veut et avoir le style vestimentaire qui nous plaît, manger ce que l’on veut et faire nos courses n’importe où. Notre vie d’adulte est aujourd’hui plus simple grâce aux années d’expérience qui nous ont forgé. Nous avons enfin notre revanche sur la vie. On mesure notre propre valeur et on brise ces clichés, ces barrières pour enfin être soi… ou un gauchiste syndicaliste, un bobo, un artiste, un carriériste, un fumiste…

Ces adolescents d’antan qui sont aujourd’hui nos collègues ont eux aussi gagnés en sagesse. Cette plénitude qui nous permet à tous de nous dépasser puisque plus personne ne nous critique, qu’il n’y a plus de jugement, ni d’image à renvoyer. Notre environnement de travail est empreint de sérénité. Et nous sommes aujourd’hui tellement au-dessus de toutes basses considérations, qu’un ancien camarade de classe devenu millionnaire ou cet autre élève en prison pour encore dix ans, ne créent en aucun cas de la frustration ou un soulagement en nous… n’est-ce pas?

J’essaie de manier l’ironie sans grand tact je l’avoue, car oui, on nous promet qu’à l’âge adulte, tout ira mieux. Mais est-ce vraiment le cas?

Je n’aborderais qu’à peine ce que l’on peut résumer aux différences physiques. Malheureusement, on peut encore constater aujourd’hui comme l’homme est cruel envers son prochain. L’image que l’on a de nous et celle que l’on veut véhiculer ont souvent des conséquences sur toute notre vie. Le tout constituant d’autres obstacles souvent autrement plus difficiles à franchir, tellement la société et les médias ont un pouvoir sur notre libre-arbitre.

Dans cet environnement qui prône l’individualisme, nous avons néanmoins la chance de pouvoir nous améliorer ensemble. Profitons de cette opportunité pour prendre le temps d’écouter, partager, et donner à nos enfants un amour inconditionnel. Cessons de nous juger, et de juger les autres.

 

“Savez-vous quelle est la plus grande et la meilleure compétition? Votre propre vie. Il n’y a rien de plus grand. Et vous n’en avez qu’une à votre disposition.”

Andrew Williams

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