C’est quoi l’insécurité ?

Pas d’inquiétude, il n’est pas question ici de l’insécurité telle qu’on nous l’assène dans les médias. Pas de voitures qui brûlent, de violence, de vol à la tire et autre agression… je laisse ça aux politiques, avec leur propagande destinée à installer un environnement de peur et de paranoïa, toujours dans le merveilleux but d’amasser des voix.

Ce n’est pas non plus de politique dont je vais parler, car je manquerai très certainement d’objectivité et de sources pour créer un échange constructif.

J’aimerais aborder le sujet des assurances. Il en existe désormais pour tout. Du billet de train, à l’appartement, en passant par le téléphone… L’assurance est devenue un standard dans notre mode de vie et de consommation. Bien sûr, je ne nie pas le fait que les assurances peuvent nous garantir d’être remboursé en cas de problème. Ce qui m’ennuie est d’une part, leur caractère obligatoire (ce n’est pas le cas de toutes, heureusement), et d’autre part, le climat d’appréhension qui en résulte.

Je tiens à mentionner que je serais le premier content de voir mes biens remboursés, si un malheureux incident devait arriver à mon logement (voir les conditions). Ce que je trouve inapproprié, est que sous couvert de lois sur la protection des tiers, ces compagnies d’assurance nous imposent des franchises additionnelles, pour des garanties dont nous n’avons pas forcément besoin.
Il est bien sûr, de notre responsabilité de lire ces contrats d’assurance et de les faire modifier à notre convenance. Mais bien souvent, la franchise est obligatoire à hauteur d’un montant minimum. Il est donc impossible d’obtenir une assurance sans y adjoindre des garanties supplémentaires, et donc un coût additionnel.
Sachez d’ailleurs qu’il n’est nullement obligatoire de se couvrir soi-même, au regard de la loi.

Pour faire court et montrer comme le système des assureurs est tout bonnement simpliste, posons-nous la question: Est-ce que les assureurs feraient ce métier si les montants qu’ils amassent sont inférieurs à ceux qu’ils doivent rembourser?

Il faut quand même savoir que l’assureur n’est pas là pour nous, mais pour maximiser son profit. Il n’y a qu’à voir le nombre d’alinéas et autres conditions exceptionnelles pour prétendre à faire jouer son assurance. Par ailleurs, il y a toujours une bonne raison pour retarder un paiement ou pire, ne pas être éligible pour la couverture…

J’aimerais dire que je suis cynique, mais malheureusement, je pense être très réaliste sur leur fonctionnement. Pourquoi notre assurance automobile propose des franchises plus élevées pour un conducteur qui a déjà eu un accident? C’est simple, nous ne sommes plus aussi rentable. L’assureur est heureux de nous faire payer mensuellement, mais est très déçu lorsque c’est à son tour de nous rendre la pareille.
On pourra toujours dire que c’est eux qui prennent un risque… mais honnêtement, les études statistiques sont là pour leur donner raison. Le ratio d’incidents par rapport au nombre d’assurés et les sommes associées prouvent qu’ils sont rentables. Ce que nous payons sert à rembourser les autres assurés, et à enrichir l’assureur. Autrement, ils fermeraient leurs portes (il est fort probable que les plus petites compagnies d’assurance soient contraintes de mettre la clé sous la porte, mais il faut dire que le gâteau se partage depuis tellement d’années…).

D’ailleurs, à bien y réfléchir, on a fait arrêter Bernard Madoff pour avoir mis en place un Système de Ponzi, qui pour faire bref, paie les investisseurs avec l’argent des autres investisseurs. Pourquoi autorisons-nous alors un système relativement similaire?
Il faut savoir qu’une compagnie d’assurance serait incapable de rembourser tous ses clients, s’ils faisaient tous défaut en même temps. Alors qui prend des risques dans cette histoire?
Vous ne serez pas surpris de savoir que Finance et Assurance sont souvent main dans la main. Ainsi,  le transfert du risque n’est pas inconnu dans la sphère financière. On peut même rappeler que le produit phare du transfert du risque, a été l’épicentre de la crise financière de 2008 (le véritable point de départ est probablement, l’insatiable besoin de s’enrichir de l’homme moderne). Je vous invite à regarder Big Short, qui résume relativement bien la crise, et illustre parfaitement ce terme.

Alors pourquoi devons-nous payer des sommes chaque année, à part pour enrichir une entreprise? Ah, j’oubliais que dans ce montant, notre tranquillité de l’esprit a un coût inestimable, donc ça vaut forcément le coup, n’est-ce pas?
Globalement, c’est ce que les assureurs nous promettent. Grâce à eux, nous pouvons dormir sur nos deux oreilles, on se prémunie contre l’insécurité et les aléas de la vie. Si nous rencontrons un problème, c’est l’assureur qui prendra ça en charge financièrement. C’est lui qui prend les risques pour nous… ou c’est ce qu’on essaie de nous faire croire. Et pourtant ce n’est pas l’assureur qui assumera les séquelles psychologiques d’un incendie ou d’un cambriolage. Sans parler de la prise en charge…
Malgré tous leurs grands discours, entre plaquettes et spots publicitaires, l’assureur n’est pas là pour nous, mais pour notre argent.

Et qu’en est-il de ces multitudes d’assurances que l’on nous propose à chacun de nos achats? La loi ne nous oblige pourtant pas à les contracter, alors pourquoi ressentons-nous le besoin de nous en munir? J’imagine que le climat d’inquiétude dans lequel on essaie de nous plonger en est la principale raison. Et les discours que l’on nous sert, sont souvent très convaincants, il faut le dire. Peut-on en vouloir au commercial qui veut obtenir une prime sur son salaire? Serait-ce encore la faute des médias et de ceux qui les contrôle?

Nous sentons-nous plus à l’aise dans la rue, en sachant que notre téléphone est assuré contre le bris de glace et le vol? Nous sentons-nous plus serein, après avoir souscris à l’assurance annulation lors de l’achat de notre billet d’avion? Nous sentons-nous plus en sécurité chez nous, parce que nous avons ajouté une option à notre contrat d’assurance habitation?

Et si finalement, nous ne transférons aucun risque, pourquoi en sommes-nous là? Ah oui, j’oubliais les lois, et ceux qui en abusent. On échange protection contre de l’argent, un peu comme une mafia moderne.

Mais c’est aussi notre faute si nous n’avons, ni confiance en nous, ni en notre prochain… ou l’est-ce vraiment?

“L’insécurité est une invention des serruriers.”
Jean-Edern Hallier / Le Mauvais Esprit

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