Êtes-vous neurotypique ?

Encore faut-il avoir déjà entendu ce terme. Celui-ci a été créé par la communauté autistique pour désigner les personnes qui ne sont pas atteintes par un trouble autistique. On peut vulgariser assez simplement pour désigner les neurotypiques comme des personnes dites “normales”, des gens avec le cerveau câblé aux normes de notre société.

Je suis loin d’être neuro-scientifique, biologiste ou diplômé de médecine, mais Internet étant mon ami, il va me permettre de mettre des mots sur des notions qui m’étaient jusque là, floues, voire inconnues.

De manière générale, et selon le peu apprécié DSM-5, les Troubles du Spectre Autistique (TSA), dont l’origine “semble” multifactorielle, sont définis comme une différence du développement neurobiologique. Je dis “semble”, car il n’existe à priori aucune certitude. Pour preuve, il y a encore 3 ans, le monde scientifique avait décrété qu’à 90%, l’autisme avait une origine génétique. Cependant, cette hypothèse a été remise en cause par une étude qui diminue son importance à hauteur de 50% seulement (voici quelques unes du web à l’époque : Le Monde, Science et Vie). Désormais, les chercheurs s’accordent (plus ou moins) pour dire que l’autisme trouvent ses racines, à la fois dans les facteurs génétiques et dans les conditions d’environnement du sujet (facteurs familiaux et personnels), de l’ordre du 50/50 pour ces deux paramètres. Un différentiel tellement important qu’on se demande si ces chiffres ne sont pas sortis d’un chapeau…

Les TSA, par définition, englobent un grand nombre de formes d’autisme différents, que je n’aborderais pas. Néanmoins, je vais m’attarder sur leur partie immergée. Celle qui au quotidien, peut s’avérer un enfer pour certain, et qui se traduit généralement par des difficultés dans les interactions sociales. Difficultés souvent liées à une lecture empathique inappropriée de leur interlocuteur, d’une situation, et de ce qui est attendu d’un comportement “normal”, conduisant fréquemment à une communication dite “inadaptée”. On peut également citer comme caractéristiques possibles, des comportements souvent répétitifs, un besoin d’immuabilité ou encore des particularités sensorielles, telles que de l’hypersensibilité au bruit, à la lumière, une insensibilité à la douleur ou l’inconscience du danger... Cette liste n’est bien évidemment pas exhaustive. Ces caractéristiques très générales prenant par ailleurs, des formes et des degrés variés.

Une des spécificités des TSA, et qui semble être de la plus grande importance pour la majorité des gens, est liée au si mal nommé, Quotient Intellectuel. Mal nommé, parce ce qu’il est adapté pour un certain type de population, en l’occurrence, les neurotypiques. C’est un peu si on vous proposait un test en Chinois, et je doute que la plupart d’entre nous puisse le compléter. A moins bien sûr, de pouvoir lire et écrire en Chinois. Mais pour ceux qui n’ont jamais eu l’opportunité de l’apprendre, l’échec sera irrémédiable. Ainsi, les TSA s’accompagnent relativement fréquemment d’un différentiel important, entre les résultats moyens attendus et les leurs, au regard de l’échelle du test de WAIS ou WISC.

loi normale

Je parle de différentiel, car celui-ci peut être tout aussi positif, que négatif. De même que ce différentiel peut se révéler très large. Ainsi, parmi les TSA, on peut mesurer des résultats bien au delà de la moyenne (>130), tout comme l’inverse… Je tiens cependant à rappeler que les résultats d’un tel test, ne reflète pas véritablement les capacités dites, intellectuelles d’un individu. Si on reprend notre image précédente, on pourrait très bien avoir un bilan “catastrophique” sur un test en Chinois. Or, il suffirait que le test soit dans notre langue maternelle pour être capable d’avoir un score très élevé, ou que nous soyons devenu bilingues auparavant.

Quoiqu’il en soit, cette courbe aussi terrifiante, et fascinante, soit-elle, est un outil diagnostique à prendre avec des pincettes, et beaucoup de recul. Pour reprendre les propos d’Irvin Yalom, écrivain et psychologue, le diagnostic dessert le patient dans une grande majorité des cas, de part son côté réducteur, et surtout, trop souvent immuable. S’entendre dire que l’on a un mal “incurable” ou se faire prescrire un traitement inadapté, peuvent avoir des conséquences autrement plus désastreuses que des difficultés d’adaptation sociales.

Telle une sentence, lorsque le médecin donne son verdict, nous voilà condamnés à être étiquetés. Car l’homme a ce refus inhérent de l’inconnu, cette peur de l’incertitude. Et tout médecin, aussi bon et empathique soit-il (il a prêté au fameux serment d’Hippocrate quand même) aura quasi-systématiquement besoin de labelliser son patient, de le mettre dans une case. Comme s’il avait à traiter une maladie, ce que l’on peut reprocher assez lourdement au DSM-5. Sous couvert de référence scientifique, celui-ci en tant qu’ouvrage de référence, ne fait qu’alimenter cette dynamique de classification.

« Heureusement », il suffit simplement de disposer d’une intelligence “normale”, pour ne pas à subir ce genre de discrimination, et de pouvoir se déclarer neurotypique.

Mais est-ce vraiment une chance de l’être?

J’ai lu cette blague lors de mes recherches pour rédiger cet article, qui je l’espère, vous fera autant rire. C’est à priori une boutade que les TSA aiment à répéter:

« Le syndrome neurotypique est un trouble neurobiologique caractérisé par un souci de préoccupations sociales, des délires de supériorité, et l’obsession de conformité. »

Je pense avoir déjà suffisamment parlé de ce que je pensais, des préoccupations sociales (Réussir dans la vie ou sa vie, L’imposteur), des délires de supériorité (Je n’ai rien à prouver, La moyenne), et de cette obsession de conformité que nous avons (Les autres).

En somme, cette blague a le mérite de résumer en une phrase, ce qui me semble être les maux de notre société. Ceux que nous diagnostiquons comme inadaptés à notre vie en société, s’avèrent finalement être les mieux armés pour vivre pleinement leur vie, avec honnêteté et transparence (suite dans l’article Une société de TSA).

 

Source(s):
Définitions des autismes – http://archive.is/hrajE
What is NT? – https://archive.is/QmjTn
Wikipedia – https://fr.wikipedia.org/wiki/DSM-5

 

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