Cours de vie

La vie est une somme d’erreurs, qui nous conduisent irrémédiablement à nous améliorer… si on se donne la peine de les accepter.

On nous apprend à parler, à lire, à écrire…
On nous apprend l’histoire, la physique, les mathématiques…
On nous apprend à exercer un métier, pratiquer un sport, gagner de l’argent….

Mais on ne nous apprend nulle part, comment communiquer avec les autres, comment prendre soin de son corps, comment affronter l’adversité, comment être heureux…
On pourra toujours arguer que c’est le rôle des parents, mais franchement qu’en savent-ils eux-mêmes? Et n’avons-nous pas été les premiers à leur dire de nous foutre la paix, dès qu’ils se “permettaient” de nous donner des conseils?

Il est vrai cependant, que dans le secondaire, la philosophie fait enfin son apparition dans le cursus scolaire (en filière générale du moins). Et pourtant, nous qui adorons refaire le monde aujourd’hui, critiquer la société et s’adjuger la bienpensance, détestions ce fameux cours “réservé” aux littéraires.
Remarque : je ne nie pas que certains d’entre vous adoraient probablement la philosophie, mais soyons honnêtes, vous étiez peu franchement

Il semblerait qu’à 16 ans, nous soyons encore trop jeunes et stupides pour comprendre que la philosophie ne soit pas une matière pour nous faire perdre du temps, mais bien la seule qui offre la possibilité de nous exprimer.
Seulement, mis à part le français au collège, est-ce que l’on nous a préparé à philosopher? Et franchement, au vu du peu d’heures consacrées à ces matières, peut-on nous en vouloir d’avoir été ignorants, au point de penser qu’on avait autre chose à faire de mieux?

Peut-être faudrait-il revoir le positionnement de l’éducation nationale, vis à vis de l’importance donnée à ces disciplines?

Quoiqu’il en soit, il est toujours temps de comprendre l’importance de ces enseignements. Car s’il y a un cours qui continue de nous être donné chaque jour, c’est bien le cours de vie.

Un détail cependant, il n’y a pas de professeur ce coup-ci. Et il n’est plus question d’exercice, mais de pratique. Comment faire si personne n’est là pour nous dire que ce que nous faisons est bien, médiocre ou passable. Nos erreurs autrefois notifiées au stylo rouge, et corrigeables avec notre stylo vert, ne sont plus aussi simples à rectifier.

En effet, il s’agit déjà dans un premier temps de les identifier. Et nous savons tous, ô combien il est difficile de voir ses propres fautes, quand bien même seraient-elles comme le nez au milieu du visage.
Une fois cette étape accomplie, ce qui n’est pas une mince affaire, reste à passer à l’action. C’est bien sympa de réaliser que l’on soit possessif, avare ou intrusif, mais le mieux est de créer du changement. Car, je ne sais pas ce qui est pire: celui qui manque de recul, ou celui qui clame haut et fort ses défauts, sans jamais chercher à s’améliorer…

Encore faut-il faire des erreurs… il est tellement plus facile d’être passif, de ne prendre aucun risque et de regarder la vie se dérouler devant nos yeux.
Nous avons tous appris à marcher, il ne nous reste plus qu’à apprendre à tomber.


Voici, un conte tibétain qui me semble approprié.

Je me lève un matin,
je sors de chez moi.
Il y a un trou dans le trottoir.
Je ne le vois pas
et je tombe dedans.

Le lendemain,
je sors de chez moi.
j’oublie qu’il y a un trou dans le trottoir,
et je retombe dedans.

Le troisième jour,
je sors de chez moi en essayant de me souvenir
qu’il y a un trou dans le trottoir.
Cependant,
je ne m’en souviens pas,
et je tombe dedans.

Le quatrième jour,
je sors de chez moi en essayant de me souvenir
du trou dans le trottoir.
Je m’en souviens et,
malgré cela,
je ne vois pas le trou
et tombe dedans.

Le cinquième jour,
je sors de chez moi.
Je me souviens que je dois penser
au trou dans le trottoir
et je marche en regardant par terre.
Et je le vois, mais,
bien que je le vois,
je tombe dedans.

Le sixième jour,
je sors de chez moi.
Je me souviens du trou dans le trottoir.
Je le cherche du regard.
Je le vois,
j’essaie de le sauter,
mais je tombe dedans.

Le septième jour,
je sors de chez moi,
je vois le trou.
je prends mon élan,
je saute,
de la pointe des pieds je frôle le bord opposé,
mais ce n’est pas suffisant et je tombe
dedans.

Le huitième jour,
je sors de chez moi,
je vois le trou.
je prends mon élan,
je saute,
j’arrive de l’autre côté!
Je me sens si fier d’y être parvenu
que je saute de joie…
et, ce faisant,
je tombe à nouveau dans le trou.

Le neuvième jour,
je sors de chez moi,
je vois le trou.
je prends mon élan,
je saute,
et continue mon chemin.

Le dixième jour,
aujourd’hui justement,
je me rends compte
qu’il est plus pratique
d’emprunter…
le trottoir d’en face.

Réécrit par Jorge BucayLaisse moi te raconter les chemins de la vie

2 Comments

  1. Slovak

    Rien à dire tout est vrai.
    Comme tu dis en étant jeune on se rends pas compte de l importance de la philosophie surtout pour des matheux qui pense qu au chiffre.
    Pour ma part se fût lors de la 3ème fois que j ai pris conscience que la philosophie « égale »(expression typiquement matheux)vie.
    A cet age là notre esprit est obstrué par des petits détails inutiles.
    Slovak

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