Coeur de Cristal

Coeur de CristalJ’ai découvert très récemment Coeur de Cristal et Frédéric Lenoir, un peu au hasard en cherchant un cadeau de Noël. Je vais vous compter cette découverte, et ce que j’en ai retenu:

A travers les allées de la librairie, je me déplace lentement, mon regard balayant l’environnement. Les ouvrages sont trop nombreux. Je me penche alors sur les étals où sont disposées les “meilleures ventes”. Probablement l’endroit parfait pour un cadeau me dis-je…

Les uns après les autres, je soulève, feuillette et dépose les livres. Cuisine, humour, poésie, roman graphique… des choses intéressantes, mais au coût étonnamment élevé. Alors évidemment, c’est Noël, et quand on aime, on ne compte pas. Mais ça ne m’empêche pas de trouver la démarche étrange. Avoir le sentiment d’être une vache à lait, n’est jamais agréable. Et puis, je ne vais pas me réduire au simple choix que m’impose cette librairie. Il y a, assurément, parmi tous ces livres, quelque chose que j’aurais choisi, moi.

Décidé, je continue ma lente progression au sein du magasin. Et là, en tête de gondole, un livre, attend patiemment. Son titre recouvre près de 30% de la hauteur de sa couverture. On ne peut pas le louper, très lisible, même à plusieurs mètres. Ses douces couleurs d’automne contrastent avec les habituelles lignes épurées, blanches et noires, des autres ouvrages l’entourant.

Jusque là, l’ergonomiste du magasin a effectivement bien fait son travail. Il semblerait par ailleurs, que le marketing de la maison de publication ait également réussi le sien (à venir l’article sur le Merchandising).

Inhabituelles couleurs pastel, au coeur du flegme et de la simplicité française, Coeur de Cristal avec son aspect mat, appelle le regard. Et tel un écrin au milieu du rayon psychologie, le pari est réussi, car voilà le livre dans mes mains. J’apprécie l’agréable douceur de la couverture cartonnée. Souple et léger, je laisse les pages glisser avec délicatesse, tel un manuscrit et découvre les illustrations qu’il renferme.

Cela ferait un beau cadeau, pensais-je. Je retourne alors la quatrième de couverture, afin de savoir ce que je vais acheter. Car il ne faut pas se leurrer, 76% du travail avait déjà été réalisé. Sans même avoir connaissance du contenu du livre, la décision de repartir avec, était quasiment actée.

Et voilà, le cadeau dans mes mains, je me dirige satisfait vers les caisses. Le sentiment du bon travail accompli… je me demande quelles hormones ont été activées, endorphine, sérotonine, dopamine… bonheur, bonne humeur, satisfaction?

En rédigeant cet article, qui pour être honnête était censé traiter du livre lui-même, j’ai trouvé plus intéressant de parler de ce qui m’a conduit à en prendre possession. Ainsi, j’ai essayé de décrire le processus machinal auquel nous sommes régulièrement soumis. L’acte de consommation, symbole de prospérité, d’ascension sociale et de statut, définit l’homme moderne.

Nos hormones sont stimulées par les lumières, couleurs, sons et odeurs… tous nos sens sont sollicités pour faire de nous, des êtres dont le besoin primaire (à venir l’article sur la Pyramide Maslow) a été remplacé par le besoin de consommer. Le bien-être et le bonheur, a laissé place à l’achat compulsif et au matérialisme.

Trompés et manipulés, nous sommes cependant au coeur des rouages d’une société, qui a besoin de nous.

Un coeur de ferraille rouillée…

Le livre de Frédéric Lenoir, traite avec légèreté et
simplicité de l’amour. Et si son héro veut briser cette gaine qui l’empêche de connaître l’amour, devenons nous aussi des héros, pour tenter de nettoyer cette rouille, et laisser place à la simplicité de la vie.

Une vie où nous sommes maîtres de nos choix.

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