Le changement

Cet article fait suite à celui sur l’Échelle du Stress de Holmes et Rahe. Cliquez, si vous êtes intéressés par sa lecture et une approche scientifique du stress et du changement.

Pourquoi associons-nous systématiquement le stress, au changement? Pourquoi tout changement qui intervient dans notre vie génère du stress?

Il semblerait pourtant que nous soyons prédisposés au changement. En effet, dès notre plus jeune âge, nous cherchons à faire évoluer notre mode de déplacement, de communication, ou même comment on se nourrit… Nous sommes perpétuellement dans le renouveau, l’envie et l’expérimentation. Mais alors, à quel moment de notre vie ou pourquoi, le train de la curiosité s’est-il stoppé?

Pourtant nous avons souvent l’impression de faire des choix, mais je vous assure que pour la grande majorité d’entre-nous, le train s’est arrêté en gare. On ne le réalise pas, parce que de temps en temps, il reprend brièvement sa route avant de s’arrêter à nouveau, et ce, indéfiniment. Car oui, il arrive parfois que nous nous sentions d’humeur aventureuse et que nous testions le plat du jour. Ou encore, que l’on décide de mettre une veste beige ou marron, pour remplacer notre brave et fidèle veste noire.

Mais lorsqu’il s’agit de prendre une vraie décision, de celle qui pourrait pourtant nous être bénéfique, on a l’impression de prendre des risques insensés, de bouleverser notre vie. Il n’y a qu’à voir comme nous avons du mal à quitter un boulot dans lequel on ne s’épanouit pas. Ou juste de prendre l’initiative de négocier un salaire à la hausse. Sans parler de mettre fin à une relation destructrice, voire pire monotone.

On préfère subir la situation, quitte parfois à vivre dans le mécontentement, le déni ou même l’indifférence. Mais pourquoi ce choix aberrant?

Et bien, il semblerait que nous privilégions ce que l’on appelle notre zone de confort. Vous savez, cette bulle dans laquelle on se sent en sécurité, parce qu’on en connaît tous les recoins (un comble). Le problème des bulles, c’est qu’on a toujours le sentiment que c’est fragile. Alors on se sent obligé de faire attention, d’y aller doucement. Et comment y faire entrer quelque chose de nouveau sans la faire éclater?

Pour beaucoup, la meilleure solution, est de ne pas fragiliser cette bulle, et se contenter de ce que nous y avons à l’intérieur. Le pire est que nous avons tous conscience que viendra bien assez tôt, l’évènement qui nous obligera à repenser les frontières de notre bulle. Alors pourquoi restons-nous passifs? On peut convenir, que la société dans laquelle nous vivons, ne laisse que peu de place à l’improvisation et la spontanéité. La différence arbore souvent un caractère de folie (article à venir).

C’est simple, les gens sont habitués à se voir les uns, les autres, évoluer dans ces bulles. Dès qu’un individu en sort, nous sommes mal à l’aise. Toute sorte de sentiments ambivalents font alors leur apparition, de la jalousie, à l’incertitude, en passant par l’envie. (voir le conte sur Les Autres)

Ainsi, lorsque nous souhaitons apporter du changement dans notre vie, nous sommes assaillis par le regard des autres. Ce qui, on peut l’avouer, ne nous aide en aucun cas pour palier à nos inquiétudes. Il est tellement plus facile de ressembler à son prochain, d’avoir la même vie rangée et sans remous.

Dès lors, on se doute qu’il est recommandé de quitter le train pour prendre l’autoroute. Où chacun se déplace isolé, et coupé du monde, dans sa bulle. La meilleure route à prendre pour réussir sa vie, comme tout le monde? (voir l’article sur Réussir dans la vie, ou réussir sa vie ?)

L’idée est de retourner dans le train. D’y parcourir les compartiments pour aller à la rencontre d’autres passagers, porteurs de messages et de courage. Car contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, ils sont nombreux. Et bien que noyés au milieu de la foule ambiante, ils sont faciles à reconnaître: ils arborent avec fierté, un sourire épanoui.

Commençons par nous débarrasser de cette satanée bulle. Car, on l’a tous réalisé, elle est fragile et ne nous protège finalement que très peu, si ce n’est pas du tout. En ayant conscience que quoiqu’il arrive, nous ne pouvons pas aseptiser notre vie et la rendre indolore, un premier pas sera déjà franchi. Globalement, on sera déjà plus à même d’accepter la réalité lorsqu’un événement inattendu surviendra.

Le tout étant aussi, d’être capable de se détendre. En effet, plus on est tendu, et plus il est difficile de s’adapter. On a ce malheureux réflexe de se crisper face au danger, pire encore, de vouloir l’affronter de face. Pourquoi ne pas prendre l’exemple du boxer, qui incapable d’éviter certains coups, choisira de les accompagner pour amoindrir le choc et la douleur.

Car douleur il y aura, peu importe les dispositions qu’on aura pris soin de prendre. Persuadé d’être paré, la réalité se chargera rapidement de nous ramener sur terre. La meilleure démarche est donc, de se préparer pour accompagner la douleur et le changement. S’entourer de personnes, elles-mêmes libérées de leur bulle, qui fortes de leur conseil et exemple, sauront alimenter la création d’un cadre vertueux.

Ce n’est sûrement pas le discours naïf et usuel, que les gens serviront qui sera d’une grande aide: “Je comprend ce que tu ressens.” “Je me met à ta place.” “Sois fort.”… tout ce que l’on adore entendre dans ces moments là… (article à venir)

Cependant, tout ne sera pas source d’angoisse et de détresse. En particulier lorsque la décision sera mûrement réfléchie et préparée. Le seul piège avec cette approche, est que l’on peut aisément rester coincé au stade de la préparation, sans jamais passer le cap. Faire le grand saut n’est pas une mince affaire. Mais qui a dit que la vie était sans risque?

 

« Il n’existe rien de constant, si ce n’est le changement »

Bouddha

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