Le bien-être en 4 clés (à ce qu’il parait)

Je ne vous cacherais pas que c’est le contenu de cet article The Four Keys to Well-Being, dont je souhaite discuter aujourd’hui. Loin de moi l’idée de proposer la recette miracle pour le bien-être, je vais me contenter d’offrir mes propres perspectives sur les travaux de ce psychologue américain, le Dr. Richard Davidson, grand ami du Dalaï-lama (le 14ème du nom).

Je souligne ce point, parce qu’il est toujours intéressant de rappeler que Science et Foi ne sont pas nécessairement incompatibles. Isaac Newton et sa légendaire pomme, disait lui-même que l’univers n’avait pu être créé sans la main de Dieu.
Quoiqu’il en soit, ce n’est pas le sujet du jour, et pour spoiler les lecteurs impatients voici les 4 clés du bien-être:

  • La résilience
  • Le regard
  • L’attention
  • La générosité

1. La résilience

Qu’est-ce que l’on entend ici par résilience? Notre résistance face à l’adversité? Notre ténacité contre vents et marées? Notre force de caractère pour ne pas se laisser abattre? C’est un peu tout ça à la fois, mais il est plus particulièrement question, de notre disposition à rebondir après un coup dur.

“Shit happens”… parfois on n’y peut rien, il nous arrive des imprévus et il faut faire avec. C’est là l’idée principale, nous aurons beau faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter les ennuis, certain passeront à travers les mailles.

Le mieux que nous puissions faire dans ces conditions, et d’apprendre à rapidement relever la tête. Alors c’est bien plus facile à dire qu’à faire, nous sommes d’accord. Et si l’on en croit l’avis éminemment scientifique du Dr. Richard Davidson (si un Docteur l’a dit, c’est vrai, non?) et bien la Méditation de Pleine Conscience peut nous aider (j’ai d’ailleurs un petit article sur le Mindfulness, si cela vous intéresse).

Il semblerait qu’il soit admis parmi les scientifiques que le rétablissement rapide de certain circuits neuronaux, aide au bien-être. L’article ne le mentionne pas, mais j’imagine que l’on fait référence ici au système limbique, ou de son petit nom cerveau émotionnel.

Et la Pleine Conscience dans tout ça? D’après des études (non encore publiées), le Mindfulness permet d’altérer les connexions neuronales pour optimiser la capacité de ces dernières à récupérer plus rapidement. La plasticité du cerveau n’étant pas inconnue, on peut penser que le résultat de ces études verront le jour. En attendant, préparez-vous à pratiquer un bon petit millier d’heures pour que la Méditation de Pleine Conscience vous aide à disposer d’un cerveau efficace et en forme.

2. Le regard

Vous vous doutez bien, qu’il ne s’agit pas là de l’intensité de notre regard, ou de sa candeur. On parle ici, de notre manière d’observer la vie, notre environnement, et les gens qui nous entourent. Et en particulier d’y voir le bon, le positif, voire le meilleur.

Il n’est pas simple d’appréhender la vie du bon côté, d’y voir systématiquement le verre à moitié rempli. Par définition nous sommes humains, et nous avons beau nous dire que notre collègue a sûrement vécu un événement difficile, il n’en reste pas moins qu’il nous lourde à se plaindre, s’énerver et s’agacer au moindre petit problème. Peut-être que la lecture de ces articles l’aiderait même.

Quoiqu’il en soit, on trouve là encore nos explications dans notre cerveau, et bien qu’une personne dépressive, ou notre collègue, puissent disposer de circuits neuronaux leur permettant de voir les choses sous un angle positif, ces instants se révèlent être fugaces chez eux.

Je suppose que les études qui ont été menées se concentrent de nouveau, autour du système limbique, où il existe, semble-t-il, cette zone qui permet d’entrevoir un futur meilleur que ce que nous offre le présent.

Et je vous le donne en mille, quelle est la solution basée sur une étude publiée en 2013 – Compassion training – proposée par notre Docteur? La méditation!

L’expérience reposa sur 2 groupes. Le premier ayant reçu une formation à la compassion, s’appuyant sur une pratique de la méditation, et le second une stratégie de régulation et réévaluation des émotions, fondée sur la thérapie cognitive. L’article souligne que le groupe ayant fait l’objet de la formation à la compassion montra des résultats étonnants, de renforcement des circuits neuronaux, en l’espace de seulement 7h (30 minutes par jour, pendant 2 semaines). Magie des chiffres, science ou foi?

Il n’en est pas moins important, que poser un regard plus positif sur la vie semble logiquement aider à nourrir notre bien-être.

Si vous êtes intéressé par l’usage du regard, au premier degré, je vous suggère l’ouvrage d’Alain Berthoz, L’échange par le regard.

3. L’attention

Cette clé se base sur une autre étude scientifique: Est-ce qu’avoir la tête ailleurs vous rend malheureux? Alors évidemment si on nous pose la question, c’est que la réponse est évidente, mais pourquoi.

Parmi un échantillon relativement conséquent de 15000 adultes, l’étude démontre qu’en moyenne ce groupe passe près de 47% de leur temps (éveillé) à ne pas faire attention à ce qu’il fait. Constatation réalisée à partir de plusieurs questions très simples envoyées par SMS, à des moments aléatoires. L’idée étant de prendre au dépourvu le sujet de la question.

Note: à priori l’expérience considère l’interruption du SMS dans le quotidien, comme étant un signal, les questions portant sur ce qui se déroulait avant la réception de ce dernier

3 types de questions en particulier, pouvaient donc faire l’objet de l’expérience:

  • Bien-être: Comment vous sentez-vous? (De très mal, à très bien)
  • Activité: Que faites-vous? (L’activité en cours, parfois la personne interrogée pouvait être entrain de manger, ou de regarder la télé)
  • Absence: Pensez-vous à autre chose que votre présente activité? (Oui ou non, non signifiant que le sujet était concentré dessus, du moins jusqu’à l’interruption…)

Remarque: je suis quelque peu sceptique quant à la pertinence d’une telle expérience, en particulier quand on voit les études actuelles sur l’impact du smartphone sur le quotidien (j’en parle un peu ici: Mon smartphone et moi)

Quoiqu’il en soit, données scientifiques à l’appui ou pas, est-ce que vous imaginez l’ampleur de ce nombre. S’il s’avérait vrai que nous passons 47% de notre temps à ne pas faire attention à ce que nous faisons, il est aisé de comprendre notre inefficacité au quotidien, en terme de productivité.

Mais pour ma part, ce qui m’inquiète le plus dans ces chiffres, c’est qu’ils représentent notre incapacité à être dans le présent. Nous passerions la moitié de notre temps à penser, et non à vivre, à être là maintenant, avec ceux qui nous entourent. Il y a une forme de tristesse dans cette constatation, 47% de notre temps, si précieux, dans une journée, est gâchée…

Il n’est évidemment pas anormal pour certains d’entre nous, de penser à d’autres choses quand nous sommes au travail, ou que nous sommes aux fourneaux, ou encore au parc avec nos enfants… j’aurais tendance à dire que c’est symptomatique d’une activité qui n’est pas des plus réjouissantes, ou épanouissantes. Cela permet en effet de s’évader.

Selon William James, psychologue et philosophe Américain du 19ème siècle, notre capacité à volontairement revenir au présent de façon répétée, est la base même de ce qui constitue notre personnalité, notre volonté. Malheureusement, et heureusement, il admet qu’il est plus simple de théoriser, que de fournir un guide pour nous améliorer.

Si vous vous posez la question: “Comment faire pour être généreux?” je vous suggérerais juste de ne pas confondre l’acte matérialiste avec le partage, l’entraide et l’écoute. Offrir de son temps est ce qu’il y a de plus précieux au monde. Je reste persuadé que si nous étions tous capables d’échanger ainsi, le monde ne serait pas parfait, mais il serait probablement meilleur.

4. La générosité

Il semblerait qu’il existe des tonnes de données montrant qu’un individu s’engageant dans des actes de générosité et d’altruisme activent des circuits neuronaux clés, qui entretiennent notre bien-être. Mieux encore, ces connexions auraient un effet plus durable que d’autres stimuli positifs, tels que gagner ou recevoir une récompense.

Pour appuyer son propos, le Dr Davidson cite un collègue scientifique Paul Bloom. Ce dernier prend le pendant de psychologues et philosophes comme John Locke ou Freud, en affirmant que nous venons au monde, non pas comme des pages blanches, mais avec une capacité innée pour faire le bien. Il souligne par ailleurs que cultiver la générosité et la compassion est un acte naturel. Que nous nous contentons de reconnaître et renforcer cette qualité qui nous appartient depuis notre naissance.

Si vous vous posez la question: “Comment faire pour être généreux?” je vous suggérerais juste de ne pas confondre l’acte matérialiste avec le partage, l’entraide et l’écoute. Offrir de son temps est ce qu’il y a de plus précieux au monde. Je reste persuadé que si nous étions tous capables d’échanger ainsi, le monde ne serait pas parfait, mais il serait probablement meilleur.

Une petite conclusion

L’article le souligne assez fréquemment, nos cerveaux sont malléables. Nous sommes constamment entrain de les modeler volontairement, et surtout la plupart du temps, involontairement. Et ce, en bien, comme en mal (si tant et si bien, qu’il puisse y avoir une notion aussi manichéenne pour le cerveau).

Il est dommage je pense, que cet article soit un biais envers la méditation, une grande publicité pour ses bienfaits. Autant, je suis conscient de ce qu’elle peut apporter, autant je n’approuve pas de s’y référer avec des données scientifiques et autres “name dropping” pour en faire l’outil le plus évident et efficace pour trouver le bien-être. D’ailleurs objectivement, la science “prouve” ici que l’on peut sculpter son cerveau, à nous de faire au mieux.

Néanmoins, cet article a le mérite de souligner des points importants, qui j’espère, nous permettront de nous améliorer, et ce même sans méditation.

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